>>> Jacques Blanc

Intervention du 03.02.06

Hommage à Paul ALDUY

 Je voudrais d'abord m'associer à ce que vous avez dit par rapport à M. BONTE. Homme du Massif Central, il a animé beaucoup d'actions et je tiens ici à lui rendre hommage pour le sens avec lequel il a su se mobiliser.

 

C'est avec beaucoup d'émotion que je rendrai hommage à Paul ALDUY et je dois dire que, comme mes amis catalans ici présents et ceux qui étaient à son enterrement et ont vu défiler des milliers de Perpignanaises et Perpignanais autour de son cercueil pour lui rendre un hommage vrai, je crois que l'on pouvait mesurer quel était le rapport, j'allais dire charnel, humain et fort entre Paul ALDUY et l'ensemble de la population de Perpignan. Et au-delà de Perpignan, du département et même sur un plan national.

 

Il est vrai que Paul ALDUY était une personnalité exceptionnelle. Peut-être tirait-il de sa naissance à Lima, où son père était ambassadeur, de son expérience de diplomate, une vision du monde extrêmement forte et qu'il a toujours portée ' Peut-être aussi a-t-il été profondément marqué par ses premiers pas ' Je rappelle qu'il a été à la faculté de droit de Montpellier, il est parti au service militaire en 1940 dans la Marine, elle l'avait marqué, comme officier du chiffre. En 1943, à l'ambassade d'Ankara, il s'est immédiatement mobilisé au service de la France libre et a été de ceux qui ont su montrer le visage de la France qui n'acceptait pas. Je dois dire d'ailleurs qu'il a été révoqué dans sa carrière par le gouvernement de Vichy, par contre, il avait été nommé chef adjoint au Cabinet du délégué général de France au Levant, il a été ensuite directeur de cabinet de M. CHATAIGNEAU, Gouverneur Général de l'Algérie, Conseiller Technique au cabinet d'Edouard DEPREUX puis de Guy MOLLET, il a été Conseiller de l'Union Française, Président du Groupe Socialiste à l'Assemblée de l'Union Française, puis il est devenu Député des Pyrénées-Orientales après avoir été élu Maire d'Amélie-les-Bains en 1952, Conseiller Général de Prats-de-Mollo.

 

Elu Député en 1956, il a marqué l'Assemblée Nationale à la Commission des Finances comme à celle des Affaires Etrangères, et il a été vice-président de l'Assemblée Nationale de 1973 à 1974.

Il est resté Député, a été Conseiller Général à différentes reprises puis Sénateur des Pyrénées-Orientales. Mais il a vécu une expérience régionale et les premiers pas de l'établissement public régional en tant que Maire de Perpignan et Député.

 

Je dois dire qu'il a toujours apporté au sein de notre assemblée, à la fois cet enracinement très fort dans le pays catalan mais aussi cette vision forte du monde et de l'Europe. C'était un humaniste tolérant, homme de culture exceptionnel, qui a su donner à sa ville de Perpignan cette dimension très forte. Permettez-moi de souligner que, dans la démarche portée par le Conseil Régional pour créer avec la Catalogne et Midi-Pyrénées, la première Eurorégion et faire de Perpignan le point de rencontre, j'allais dire la capitale, de cette Eurorégion, Paul ALDUY s'était, ô combien, mobilisé.

 

Je voudrais, ici, M. le Président, au-delà des sentiments très forts que nous lui portions, dire que c'était un homme de fidélité en amitié, en sentiments, qui a toujours créé autour de lui cette capacité, à la fois de dialogue, d'échange et de compréhension. Pendant 34 ans, il a été Maire de Perpignan, il s'est retiré et c'est son fils auquel je veux adresser un message de sympathie et d'amitié depuis notre assemblée, qui a pris le relais.

 

Je voudrais dire ici combien c'était une personnalité d'une qualité exceptionnelle, qui avait des repères vrais portés par l'humanisme qu'il incarnait et qu'il a toujours défendu. Je suis convaincu qu'il a non seulement marqué Perpignan et les Pyrénées-Orientales mais qu'il a contribué à faire passer au-delà du message d'humanisme et de tolérance que je rappelais, un message fort dont peut-être nous avons tous besoin, celui d'être enracinés dans notre Région, accrochés, forts de cette conviction régionale, d'une région non frileuse, ouverte sur l'Europe et ouverte sur le monde.


Au Moulin à Vent, comme dans des quartiers plus difficiles à Perpignan, il a changé la qualité de vie mais l'a toujours fait avec cette dimension exceptionnelle. Oui, M. le Président, nous pouvons aujourd'hui ici lui rendre hommage.