>>> Jacques Blanc

Actualité du 30.11.07

LIGNE TGV PERPIGNAN-NIMES

Le projet d'une ligne de TGV entre Nîmes et Perpignan doit être une "priorité". Même si le tronçon n’a pas été retenu dans la loi de programmation 2010, la mobilisation doit continuer. Car, à plus long terme, c’est bien sûr, Barcelone qui est visée, et les bonnes relations franco-espagnoles.

 

La ligne à grande vitesse venue de Paris s'arrête actuellement aux abords de Nîmes. La liaison à grande vitesse Perpignan-Barcelone doit entrer en service en 2012. Pour enfin réaliser le lien TGV entre Paris et l’Espagne via Nîmes, seule la concorde et l’union des élus, associations et collectivité prévaut. La concertation et la dialogue sont la seule attitude possible pour mener a bien ce grand projet, que j’ai moi même engagé depuis 10 ans, et défendu ardemment face à l’indifférence du gouvernement Jospin et de son ministre des transports, Jean-Claude Gayssot.

 

Or, qu’avons nous appris dernièrement '

 

L'actuelle majorité refuse de financer les travaux du contournement de Nîmes tant que l'Etat ne s'engagera pas à financer le tronçon Nîmes/Perpignan. Encore une fois, la majorité de Georges FRECHE pratique la politique de la terre brûlée et l’affrontement avec l’Etat quand l’intérêt général, le développement et l’avenir économique de notre région sont en jeu !

 

Le contournement de Nîmes et Montpellier est pourtant une étape essentielle de la réalisation de la ligne nouvelle entre Nîmes et Perpignan, comme du développement et de la sécurisation des trafics régionaux. Et c’est encore une fois, l’Etat qui va pallier aux défaillances de l’exécutif régional.

Après, des années de négociations et d’avancées, la majorité que j’avais l’honneur de mener avant 2004 avait piloté, pendant cinq ans, un programme d’études approfondies, qui a abouti, le 17 mai 2005, à la publication du décret d’utilité publique.

 

RFF s’était ainsi engagé dans une phase préparatoire à la réalisation des études de détails du projet et à ses travaux…Mais maintenant le jusqu’au boutiste Georges FRECHE entend tout remettre en cause !

Certes, il faudra alors trouver le financement, ce qui sera difficile, car le tronçon est long, alors que l'Etat et RFF ont des moyens limités. En ce moment, le partenariat public - privé a le vent en poupe et peut donc constituer une solution. Mais même quand le financement est trouvé, il reste plusieurs formalités à accomplir, comme l'enquête prévue par la loi sur l'eau, l'enquête parcellaire, les fouilles d'archéologie préventive d'autant plus importantes que le tracé suit celui de la Via Domitia…Des contraintes qui appellent à une gestion pragmatique, apaisée et ouverte du dossier. Le contraire de ce qui est pratiqué actuellement du côté de l’hôtel de Région…

 

Face à la désinformation pratiquée actuellement par l’exécutif régional (coutumier du fait il est vrai), je rappelle néanmoins que la concrétisation du projet de tronçon jusqu'à Nîmes est le fruit d’une action forte de sensibilisation que j’ai menée, afin que soit prise en compte l'impérieuse nécessité de l'axe méditerranéen vers l'Espagne et vers une liaison GRAND SUD.

 

Cette nécessité, inscrite dès le contrat de Plan 1989/1993, a été l’objet d’une réunion avec le gouvernement de Catalogne dès février 1987, à l’occasion de laquelle le principe d’études portant sur la réalisation de la LGV de Montpellier – Barcelone fut acté.

 

 

Depuis cette date, de nombreux engagements ont été pris :

 

- En juillet 1993, à la suite du CIAT de Mende, une réunion à Matignon permet de débloquer le plan de financement des études d'Avant Projet Sommaire de Montpellier à la frontière espagnole. A cet effet, la Région Languedoc-Roussillon engage plus de 2 millions d'euros à travers une convention signée en 1994 et associant déjà les Régions Languedoc -Roussillon et Midi -Pyrénées ainsi que l'ensemble des Départements du Languedoc-Roussillon et la ville de Perpignan.

 

- En juin 1994, j’étais alors le Président du Comité des Régions d'Europe, j’obtiens le classement du projet Madrid-Montpellier comme hautement prioritaire au Conseil Européen de Corfou. Un choix confirmé par la suite lors du Conseil Européen d'Essen, tandis que la notion de cohésion territoriale et la nécessité de coordonner les politiques d'aménagement du territoire sont reconnues dans le traité sur l'Union Européenne.

 

- En 2000, un nouveau contrat de Plan État - Région vient préciser que "l'État réalisera les investissements nécessaires entre Nîmes et la frontière espagnole pour la ligne à grande vitesse", étant donné son caractère majeur pour l'aménagement du territoire national et européen. Parallèlement, le projet de traversée des Pyrénées entre Figueras et Perpignan a fait l'objet de négociations qui, malgré quelques difficultés ont permis, après le lancement d'un nouvel appel d'offres, de signer le contrat de concession et la mise en service de la ligne.

 

- En 2003 : Face à ces enjeux déterminants pour l'avenir du GRAND SUD, je réitère ma demande faite auprès de Monsieur Dominique BUSSEREAU, de création au plus tôt d'un Comité de Pilotage sur l'ensemble de la ligne à grande vitesse en Languedoc-Roussillon, afin d'assurer une cohérence d'analyse et renforcer la cohésion territoriale à travers d'autres projets associés du GRAND SUD, tels que la ligne Côte d'Azur ou la ligne Bordeaux-Toulouse-Narbonne.

 

- Le 16 juillet 2003 à Narbonne, le GRAND SUD a fait un pas pour affirmer une volonté commune et défendre, dans leur intégralité, ses projets complémentaires de Lignes à Grande Vitesse.

 

- En 2005 , le ministre des Transports, Dominique PERBEN, rappelait " les avancées importantes sur Nîmes-Perpignan ", avec la déclaration d’utilité publique de la nouvelle ligne TGV-fret Nîmes-Montpellier (70 km - 1,05 milliards d’euros) prononcée le 16 mai 2005 et les investissements à hauteur de 170 M€ sur le raccordement de la ligne TGV à Perpignan sous maîtrise d’ouvrage de RFF. Il annonçait également " le lancement des études préparatoires à la saisine de la Commission Nationale du Débat Public concernant la liaison Montpellier-Perpignan ".Dominique PERBEN soulignait enfin la qualité du travail mené par les deux gouvernements français et espagnols pour assurer la " perméabilité " des Pyrénées, en privilégiant les modes de transport alternatifs à la route. En particulier, il annonçait la signature d’un protocole franco-espagnol pour le lancement d’un appel à projets d’autoroute maritime.

 

La réalisation du projet entre Nîmes et Perpignan répond à une volonté nationale et européenne de développer le ferroviaire en fret comme en voyageurs et d'assurer une réelle continuité entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud. Cet aménagement donnerait aussi toute sa dimension d'avenir à la partie Nîmes - Perpignan, longue de 190 Km et centrée sur l'axe méditerranéen entre Ligurie et Catalogne et sur les relations entre façade atlantique et méditerranéenne à travers la relation GRAND SUD.

L'accroissement des relations entre la France et l'Espagne amène à un taux de saturation qui ne permettra plus de répondre à cette évolution du trafic tant fret que voyageurs à l'horizon 2015. La responsabilité des différents acteurs est fortement engagée et appelle un devoir d'anticipation, de réalisme et de concertation, afin de prendre en compte les délais de réalisation d'une telle infrastructure.

 

 

C’est au prix de l’ensemble de ces décisions que seront relevés deux défis majeurs :

    • Le défi de la cohésion territoriale :

Il suppose de préparer l’avenir par un aménagement du territoire régional, national et européen véritablement équilibré.

    • Le défi de la croissance économique

Il s’agit de permettre l’accroissement des échanges tant fret que voyageurs entre ces territoires.

La non-réalisation, dans une étape immédiate, du chaînon manquant entre Nîmes et Perpignan conduirait à terme à une asphyxie programmée de ce maillon fort de l'arc ferroviaire européen, devenant alors un goulot d'étranglement. Face à l’aveuglement et au sectarisme du président de Région, je continuerai avec les parlementaires UMP-NC et tous les élus attachés au développement de notre territoire, à porter ce projet et le défendre sans faille auprès du gouvernement et des acteurs et partenaires concernés.